Polisse

 

Ps : ceci n’est pas une critique mais un défouloir.

Décidément, le cinéma français sait bien choisir ses hypes en ce moment. Après le calamiteux La Guerre est déclarée, voici le nouveau film néo-réaliste à la française : Polisse. Prix du Jury au Festival de Cannes, review assez sensationnelle, on se demande bien ce que certaines personnes soi-disant compétentes cinématographiquement ont dans les yeux – la réponse est évidente mais elle ne sera pas divulguée ici par souci de politesse.

Car oui, Polisse est une honte sans nom. Il n’est pas la peine de le théoriser, même la réalisatrice ne le veut pas ! Et pourtant, la réalisatrice prend le chemin d’un réalisme cru et accru comme tant d’autres l’ont fait avant elle. A la place, il est hautement préférable de se (re)plonger dans le néo-réalisme italien de l’après-guerre. Car eux, derrière une caméra portée, un son majoritairement pris en direct, des acteurs non professionnels pris sur le vif, un tournage dans la rue, un scénario libre et urgent, avaient un projet, ou plutôt plusieurs, tant cinématographiques, qu’humains, sociaux ou politiques (entre autres).

Bien entendu, rien de cela ici. Alors oui, le sujet pouvait se prêter à une réflexion sur un métier, sur une famille, sur la place d’une personne. Et pourquoi pas à une immersion à couteaux tirés, pleine de tensions et de rebondissements ? Mais Maïwenn s’en fout. Tout ce qu’elle veut, c’est la proximité avec le spectateur, qu’il se rende compte qu’être flic à la Brigade de la Protection des Mineurs, c’est dur ; que la pédophilie, c’est affreux ; qu’une famille séparée, c’est triste. Certaines séquences fonctionneraient à l’indulgence si le spectateur ne se rendait pas compte que l’intégralité du film est basé selon sa capacité à usiner des larmes. C’est bien simple, la réalisatrice a calculé son film selon l’équation un plan = une larme. Bref, on est en pleine dictature d’une émotion la plus reptilienne qui soit, froidement calculée et « savamment » orchestrée.

On passera alors sur cette plastique de la réalité, théoriquement passionnante, qui prend donc ici une tournure de véritable insulte à quiconque ayant une once de passion pour le cinéma. A trop envoyer de l’empathie, la réalisatrice fait se désintéresser de son film tant elle veut masquer son manque de propositions cinématographiques, sa vacuité et son côté creux. De ce fait, Polisse ne se résume qu’en une succession de scènes indépendantes les unes des autres où le supposé merveilleux casting choral est une erreur flagrante car théoriquement contradictire avec le principe de réalisme. Il se regarde jouer, fait ce qu’il sait faire, voire cabotine sur des lignes de dialogues complètement fausses et sur-écrites. Le tout est, bien entendu, sans une moindre once d’ouverture vers l’aventure du jeu ou la construction de son personnage. Pire encore, pour certains, le narcissisme le plus hautain n’est pas loin de frapper à la porte. On pense, ici, à la réalisatrice qui ne s’emmerde pas avec la facilité : et vas-y que je te prends le rôle principal, et vas-y que je me prends pour quelqu’un que je ne suis pas, à savoir une bombe sexuelle, bourgeoise mais en phase avec l’actualité et qui a des sentiments. Désolé ma grande mais tes multiples sorties médiatiques viennent nous prouver le contraire. Et la sincérité, tu connais ? Si la construction du film laisse à désirer, ce n’est pas seulement la faute à l’écriture mais également à sa piètre opinion d’un montage, le plus simple soit-il. De toute façon, tout, absolument tout, se passe dans le champ de l’image, comme ça, pas besoin de se prendre la tête. Et les quelques tentatives d’enchaînements restent démesurément plats, sans aucune logique de continuité narrative – et ne parlons même pas d’un quelconque crescendo. Et pourtant, c’est bien cela qui donne une identité à l’art cinématographique. De là à dire que Polisse n’est pas du cinéma est un pas qui est franchi sans le moindre scrupule. Ce ne sont pas les maigres tentatives extérieurs au réalisme (bande originale ignoble – dont fait partie L’Ile aux enfants de Casimir ! -, titre ridicule – à la vulgaire faute d’orthographe) qui vont faire prendre corps au métrage. Et encore, en y pensant, ces artifices, qui ne devraient pas s’articuler avec une théorie cinématographique du réalisme, sont là pour faire chialer dans les chaumières car évoquant le point de vue de ces enfants tellement maltraités.

Le résultat se veut direct ; il en devient nauséabond. La réalisatrice prend clairement son spectateur pour un idiot. Au spectateur de lui retourner la pareille et de lui cracher son venin le plus toxique pour que ce simulacre de réalisatrice arrête ses sévices, à la fois corporels et psychologiques, le plus rapidement possible.

Ps 2 : le film ne mérite pas de note (ou alors un petit bon point pour l’ami JoeyStarr).

 

 

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