Buried

Buried est un film qui démarre sur un postulat iconoclaste : un homme enfermé dans un cercueil tout le long du métrage. La question est de savoir si le film va tenir la route sur la longueur. Heureusement, Buried a été réalisé par un Espagnol et comme tout réalisateur ibérique de cinéma de genre, Rodrigo Cortès sait maintenir son pari.

La peur de voir le dispositif cinématographique craqué n’est pas à l’ordre du jour pour le plus grand bonheur du spectateur. Non seulement le long-métrage est original mais il est, de plus, courageux, car chacun aurait pu y trouver une once d’ennui. Le mérite en revient au réalisateur qui sait mener son récit de manière haletante, en temps réel, malgré des artifices scénaristiques quelque peu vulgaires et un peu tirés par les cheveux. Cortès a confiance en son concept et peut-être s’endort-il sur ses propres lauriers. Il se permet quelques mouvements de caméra, certains bien sentis, d’autres un peu moins, qui ont pour vocation d’aérer le récit et le spectateur pour qu’il n’étouffe pas trop. Ces dilatations spatiales peuvent gêner mais ne sont-elles pas nécessaires pour maintenir la tension chez le spectateur. Ses partis pris auraient pu, certes, être encore plus radicaux. On imagine sans mal une représentation en plan fixe qui aurait été, pour le coup, d’une violence cinématographique rare. Mais une telle volonté n’aurait-elle pas fait fuir le spectateur peu habitué aux expérimentations formelles ? Néanmoins, se poser devant ce film reste un spectacle tout à fait plaisant, ne serait-ce que pour la fin du film, irrespirable.

L’autre grande force reste quand même Ryan Reynolds, autrefois acteur assez fadasse, qui, ici, réussit le tour de force de provoquer colère et empathie. Empathie parce que s’imaginer dans cette situation peut provoquer des sueurs froides. Colère parce que ce personnage peut devenir un vrai salopard, arrogant, misogyne et trop conscient de son pouvoir d’être Américain. Mais ces deux qualificatifs ne sont-ils, finalement, pas liés ? L’acteur sait, en tout cas, jouer sur les deux tableaux et arrive à porter le film sur ses épaules de manière assez convaincante.

Mais surtout, Buried sait se dégager des considérations formelles qui innervent le film pour distiller un discours d’une bien belle violence. Oui, le poids d’un homme n’est rien comparé à celui de l’Institution. Et oui, cette dernière, prise en tant que concept, est d’une hypocrisie foudroyante quant à ses activités. Elle préfère tranquillement assurer ses arrières matérielles plutôt que se mouiller humainement. Le film se pose alors comme un brûlot anti-américain de prime abord, mais surtout anti-institutionnel où chaque « grand de ce monde » est bien plus que cynique. Il est dangereux pour le peuple.

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