Les beaux gosses

Enfin ! Il aura fallu la sortie sur les écrans de ces beaux gosses, premier film de Riad Sattouf pour voir un vrai teen movie à la française. Le récent Simon Werner a disparu proposait, avec une certaine réussite, une couleur plutôt sombre dans le genre. Le film de Riad Sattouf s’ouvre, quant à lui, ouvertement sur la pente comique.

Les personnages titres sont, bien entendu, des adolescents mal dans leur peau qui n’ont qu’une seule motivation dans la vie : se serrer des gonzesses. Le spectateur va donc les suivre dans leurs pérégrinations, leurs doutes et leurs délires.

Le ressort comique fonctionne évidemment sur les clichés que de telles situations peuvent engendrer et sur un questionnement fondamental : la jolie fille voudra-t-elle de nos héros, boutonneux, au langage plus vulgaire tu meurs et au look douteux ? Mais la grande force du film réside sur le fait que ce postulat vu mille fois au cinéma sont transcendés par deux axes principaux : une utilisation magistrale des dialogues et une enchaînement de situations aussi vraisemblables que possible. Chaque ligne est un uppercut comique qui fait bien plus que d’arracher quelque sourire. Chaque scène rappelle à chacun les doutes, les flagrants délits de cas « troublants », les actions émotionnelles vouées à l’échec, bref, tout ce qui nous a gêné durant notre adolescence. Tous ces éléments font que le spectateur est littéralement mort de rire pendant la très grande majorité du film. Le mérite en revient, bien entendu, aux jeunes acteurs qui sont plus vrais que nature mais également au réalisateur qui a fait preuve d’un grand sens du rythme. Les dialogues sont remarquablement bien écrits, sonnent plus vrais que nature et, au niveau de la mise en scène, quelques artifices de montage et une utilisation « vulgaire » des gros plans viennent corroborer cette dimension humoristique.

Mais Riad Sattouf n’est pas seulement un comique. Il est aussi un cinéaste d’une grande humanité. Loin de se foutre de la gueule de ses héros ou même de convoquer une volonté nostalgique du spectateur, car il faut bien l’avouer, des séquences nous ramènent directement à notre propre expérience, le réalisateur opte pour le ressort de la tendresse. Sattouf deviendrait-il le John Hughes ou le Judd Apatow français ? Il en prend en tout cas le chemin avec un franc succès tant le spectateur est au cœur de leurs envies. Chacun en arrive à douter ou à rire avec nos héros, mais surtout nous arrivons à les comprendre et avons sincèrement envie qu’ils réussissent dans leurs actions. Finalement, la vulgarité primaire qui irrigue le film, autant dans les dialogues que dans certains plans ne viendra choquer que les plus puritains et ceux pour qui les préoccupations adolescentes sont bien éloignées. La trivialité n’est que l’un des postulats choisis par le réalisateur pour plonger dans les personnages.

Honnête, sincère, tendre, humain et surtout très drôle, le film de Riad Sattouf est une véritable bouffée d’air et est un petit miracle dans le paysage cinématographique français. Il apporte définitivement quelque chose de nouveau, loin des considérations populistes à la Clavier, Jugnot et Cie ou trop lourdes car trop présentes à la Dujardin. Oui, enfin !!!

 

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